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Pourquoi les politiciens français trouvent-ils intolérable la visite du pape Léon XIV en Algérie, et pourquoi les médias hexagonaux s’acharnent-ils à ternir l’image de l’Algérie ?

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Mesdames et Messieurs,

Dans l’histoire des relations entre la France et l’Algérie, rares sont les événements qui révèlent avec une telle clarté les fractures profondes, les ressentiments inavoués et les peurs viscérales qui continuent de hanter l’ancienne métropole. La visite historique du pape Léon XIV en Algérie, première d’un souverain pontife sur ce sol depuis l’aube du christianisme, n’est pas seulement un acte spirituel : elle est un séisme diplomatique et symbolique. Et c’est précisément pour cela que certains cercles politiques et médiatiques français la vivent comme une insulte intolérable, une provocation presque existentielle.

D’abord, pourquoi cette visite est-elle insupportable aux yeux de nombreux responsables français ?

Parce qu’elle consacre, aux yeux du monde entier, la grandeur et la légitimité historique d’une Algérie souveraine, fière et rayonnante, qui n’a plus besoin de la validation de Paris. En posant le pied à Alger le 13 avril 2026, le Saint-Père ne rend pas seulement hommage à saint Augustin, fils d’Hippone ; il reconnaît publiquement que l’Algérie est un berceau de civilisation chrétienne millénaire, un pont vivant entre l’Orient et l’Occident, un acteur majeur du dialogue des civilisations. Or, cela vient contredire frontalement le récit dominant en France depuis 1962 : celui d’une Algérie réduite à un pays « problématique », instable, fermé, incapable de modernité.

Accepter cette visite, c’est admettre que l’Algérie a gagné la bataille de l’image et de la mémoire. C’est voir un chef d’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, recevoir le chef de l’Église catholique avec tous les honneurs, tandis que la France, empêtrée dans ses querelles mémorielles et ses complexes post-coloniaux, reste à quai.

C’est insupportable pour une certaine élite qui n’a jamais digéré l’indépendance et qui voit dans chaque succès algérien une défaite française.

Ajoutez à cela la dimension géopolitique : en choisissant l’Algérie comme première étape de sa tournée africaine, le pape envoie un message clair au monde musulman et au continent tout entier. Il privilégie le dialogue, la fraternité, la coexistence pacifique – valeurs que l’Algérie incarne avec éclat face à un Occident souvent perçu comme arrogant. Pour les courants les plus droitiers de la politique française, obsédés par l’immigration, l’islam et la « concurrence mémorielle », cette visite est une trahison : elle légitime un pays qu’ils ont passé des décennies à diaboliser. Elle renforce le soft power algérien au moment même où Paris peine à maintenir son influence au Maghreb.

Comment tolérer qu’un pape nord-américain, héritier spirituel de saint Augustin, choisisse Alger plutôt que de conforter le narratif français ? C’est une gifle historique, et ils la ressentent comme telle.

Quant aux médias français, leur acharnement à ternir l’image de l’Algérie n’est pas un hasard journalistique : c’est une stratégie politique et idéologique parfaitement orchestrée. Depuis des années, une partie de la presse hexagonale – L’Express, Le Point, Le Figaro en tête – cultive une véritable algérophobie systématique. Face à la visite papale, ils déploient l’artillerie lourde : rapports sur la prétendue « persécution » des chrétiens, enquêtes sur le « pouvoir caché du Vatican », éditoriaux alarmistes sur les « risques » de ce voyage. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que cette visite est un triomphe diplomatique pour Alger. Elle offre à l’Algérie une tribune mondiale incomparable, elle humanise le pays aux yeux de l’opinion internationale, elle rappelle son héritage universel. Pour contrer cet élan, il faut donc noircir le tableau : insister sur les supposées discriminations, exhumer de vieux dossiers, créer un climat de suspicion. C’est

la technique classique du contre-feu : quand on ne peut pas empêcher l’événement, on le salit pour en atténuer l’éclat.

Cette campagne n’est pas innocente. Elle vise à préserver un récit français confortable : l’Algérie serait éternellement en retard, autoritaire, intolérante, tandis que la France resterait le phare des droits et de la laïcité. Or, la venue du pape pulvérise ce mythe. Elle montre une Algérie ouverte, hospitalière, respectueuse des religions, capable d’accueillir le chef de 1,4 milliard de catholiques avec dignité et chaleur. Face à cette réalité éclatante, les médias concernés choisissent la calomnie plutôt que l’honnêteté intellectuelle. C’est moins du journalisme que de la propagande d’État déguisée, au service d’une vision nostalgique et revancharde d’une France qui refuse de tourner la page.

L’intolérance française face à cette visite révèle une vérité cruelle :

l’Algérie indépendante et rayonnante reste, pour une partie de l’establishment hexagonal, une blessure narcissique non refermée. Le pape Léon XIV, en marchant sur les traces de saint Augustin, ne fait pas que prier : il oblige la France à regarder en face ce qu’elle a perdu – et ce que l’Algérie a reconquis. Et cela, pour certains, est tout simplement insupportable.

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